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QUIEVY, quatre cent mille ans d'histoire...
d'après le livre de Francis BAUDUIN et Jacques WAXIN

Les autres activités économiques

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A partir de l’époque du Premier Empire, à l’instigation du pouvoir politique, de nombreuses sucreries apparurent dans le Cambrésis. On en dénombra une bonne dizaine.

La sucrerie de Quiévy, implantée à la sortie du village, sur la route de Caudry, à l’emplacement actuel des Établissements Maillard, drainait toute la production betteravière de Quiévy et de quelques terroirs environnants.

Elle fonctionna jusqu’au début de la Première Guerre Mondiale, stoppa sa production durant la période 1914-1918, et reprit une activité râperie, la mélasse étant refoulée par canalisations vers la sucrerie de Caudry afin d’y être traitée.

La Seconde Guerre Mondiale marqua l’arrêt définitif de l’exploitation, ce qui eut pour effet de transformer l’emplacement en dépôt de betteraves acheminées par camions vers la sucrerie de Caudry. L’usine, démantelée et vendue, a fait place à une teinturerie et apprêts.

 

La sucrerie de Quiévy en 1905

Vers la fin du 19ème siècle, une fabrique de chicorée, dont le bâtiment toujours existant est devenu par la suite la salle de cinéma "le Week-end", s’est implantée dans la rue des Juifs, à l’initiative d’une société Mercier. Cette entreprise, qui occupait une dizaine de femmes et quelques hommes, n’a pu reprendre son exploitation après la guerre 14, fortement concurrencée par les importantes fabriques de chicorée de Cambrai.

La chicorée ne donne-t-elle pas bonne mine à ces ouvrières de la fabrique locale ?

Au début de ce siècle, les cafés, les estaminets foisonnaient à Quiévy. On y consommait presque exclusivement le café, le genièvre, l’absinthe (sorte de pastis frelaté) et surtout de la bière. Le vin n’est apparu qu’après la guerre 14, demandé par les anciens poilus qui avaient pris l’habitude de sa consommation au front.

La bière, consommée couramment au sein des familles, était livrée par tonneaux aussi bien chez les particuliers que dans les estaminets. Ces tonneaux, d’ailleurs charroyés sur des gantiers (chariots formés de deux longerons posés sur deux roues et supportant les tonneaux) et portés par deux hommes à l’aide de tinets, étaient descendus en cave avec difficulté en raison des escaliers peu accessibles. Pour désaltérer tous les consommateurs, cinq brasseries répondaient à la demande.

Fabriquée en grande quantité, la bière donnait un résidu de fabrication ou drêche utilisée pour l’alimentation du bétail.

La Compagnie des Chemins de Fer du Cambrésis 

Qui ne se souvient avec nostalgie de ce merveilleux petit train du Cambrésis qui par son aspect folklorique faisait parfois songer au Far-West ! Il cheminait avec l’indolence que lui conféraient ses modestes possibilités, de village en village, crachant vapeur et escarbilles. Malheur aux yeux du voyageur insouciant qui avait eu la malencontreuse idée d’ouvrir la vitre !

Les wagons en bois étaient dotés d’une plate-forme d’accès à chaque extrémité, ce qui permettait aux voyageurs de prendre l’air en contemplant le paysage.

Pendant les périodes de froid, un poêle à charbon, entretenu par les soins du contrôleur de billets, trônait au milieu de chaque wagon, avec la prétention d’apporter un confort souvent illusoire.

Que de services n’a-t-il pas rendus aux populations locales !

 Née après l’essor de la Révolution Industrielle du 19ème siècle et répondant aux besoins des grandes usines et des fabriques apparues à l’époque, la Société des Chemins de Fer du Cambrésis a été créée le 12 octobre 1880.

A partir de 1881 et jusqu’en 1892, différentes lignes ont été exploitées:

- Le Cateau Cambrai
- Le Cateau Catillon
- Caudry Villers-Outréaux Le Catelet Saint-Quentin
- Caudry Denain avec embranchement à Quiévy vers Solesmes.

Le 10 août 1890, l’entrée en service de la ligne Caudry-Denain permit de desservir notre commune, ce qui évita aux ouvriers métallurgistes d’avoir à se rendre à pied le lundi sur les lieux de leur travail à Denain et d’en revenir le samedi dans les mêmes conditions. Le petit train permit la migration quotidienne des travailleurs de la métallurgie et de la sidérurgie, évitant ainsi un hébergement plus que précaire sur les lieux de travail.

La même ligne assura également les déplacements des ouvriers du textile et par la suite des collégiens vers Caudry.

La circulation des convois se faisait à vitesse limitée (25 km à l’heure) par suite de l’étroitesse des voies et du manque de puissance des machines qui s’essoufflaient vite dans les côtes.

Le raccordement de la ligne à la fosse Renard permit le transport du charbon à destination des différentes communes traversées. De même les sucreries furent alimentées en betteraves par les soins de la Compagnie qui en achemina à destination 125 000 tonnes à l’automne 1939.

La substitution lente et progressive d’un service d’autocars et de camions au traditionnel chemin de fer se traduisit en octobre 1960 par l’arrêt complet de l’exploitation ferroviaire.

Beaucoup d’anciens regrettèrent la disparition de ce moyen de locomotion un peu désuet qui eut son heure de gloire le 15 août 1913, puisque ce jour-là 3000 personnes furent transportées vers Cambrai.(1)

(1)Traditionnellement le 15 août, fête de l’Assomption de la Vierge, attire à Cambrai en très grand nombre les populations environnantes à l’occasion du défilé carnavalesque et de la grande fête foraine.

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